Renaissance Sociale
8/10/00
 

L'Education en crise ?

Il y a soixante ans, un fils brillant d'ouvrier ou de paysan était repéré par son instituteur qui pouvait obtenir une bourse afin de lui permettre de décrocher une agrégation. Et les autres élèves apprenaient à tout jamais à lire un journal ou un mode d'emploi et à faire une addition. Aujourd'hui, on n'apprend plus aux enfants à lire, écrire et compter, la preuve en est que beaucoup d'adultes éprouvent de vraies difficultés à le faire, mais on leur apprend à apprendre, selon les directives officielles du Ministère de l'Education Nationale. Il est louable de vouloir éveiller les compétences de l'enfant, mais l'éducation à l'école ne doit pas pour autant négliger la transmission de savoirs fondamentaux.
 
L'école est devenue égalisatrice. Les classes de niveau ont été supprimées. Dans des classes hétérogènes, les bons perdent leur temps et les mauvais perdent pied. Des enfants qui ne savent pas parfaitement lire, écrire et compter sont pourtant admis en sixième. Il faudrait recréer un certificat d'études primaires pour ne laisser entrer dans le secondaire que des enfants maîtrisant parfaitement les fondamentaux. Le plus médiocre des élèves, pour peu qu'il veuille bien s'y reprendre à deux fois, a 96 % de chances de décrocher son baccalauréat, qui dès lors a perdu tout son intérêt car il n'est plus un véritable examen sélectif. Il permet aux moins motivés de passer quelques années dans l'enseignement supérieur avant de s'en faire éliminer sans pitié pour pouvoir aller pointer à l'ANPE. L'école est largement responsable du chômage, qui en France s'explique en partie par le manque de formation adéquate de la population active.

L'école d'autrefois a su transformer des centaines de milliers de petits Polonais, Italiens ou Espagnols en Français à part entière. Aujourd'hui, elle s'en montre incapable avec les petits Maghrébins et les petits Africains. Les étrangers ne trouvent plus à s'assimiler dans la culture française. En 1978, le Ministère de l'Education Nationale instaura dans les écoles primaires des Classes de Langues et de Civilisation des Pays d'Origine. On demanda aux pays d'origine d'envoyer des professeurs. Les pays arabes, et notamment le Maroc, en profitèrent pour se débarrasser de  leurs enseignants islamistes, qui se mirent à enseigner l'arabe à nos petits immigrés en leur expliquant le Coran. Alors qu'il était indispensable de créer des classes de langue et de civilisation française, car 50 % de leurs parents ne parlent pas le français, on leur proposa d'aggraver encore leur différence, leur exclusion. Dans les cités, la plupart des parents ne remplissent plus leur charge éducative : ce serait à l'école d'y suppléer. Mais elle se refuse désormais à inculquer tout principe moral ou toutes références culturelles. Pourtant, pourrait-on imaginer des jeunes familiarisés avec la culture cassant tout, volant des autoradios et se shootant au hasch ?
 

Retour au sommaire