L'Education en crise ?
Il y a soixante ans, un fils brillant d'ouvrier ou de paysan était
repéré par son instituteur qui pouvait obtenir une bourse
afin de lui permettre de décrocher une agrégation. Et les
autres élèves apprenaient à tout jamais à lire
un journal ou un mode d'emploi et à faire une addition. Aujourd'hui,
on n'apprend plus aux enfants à lire, écrire et compter,
la preuve en est que beaucoup d'adultes éprouvent de vraies difficultés
à le faire, mais on leur apprend à apprendre, selon les directives
officielles du Ministère de l'Education Nationale. Il est louable
de vouloir éveiller les compétences de l'enfant, mais l'éducation
à l'école ne doit pas pour autant négliger la transmission
de savoirs fondamentaux.
L'école est devenue égalisatrice. Les classes de niveau
ont été supprimées. Dans des classes hétérogènes,
les bons perdent leur temps et les mauvais perdent pied. Des enfants qui
ne savent pas parfaitement lire, écrire et compter sont pourtant
admis en sixième. Il faudrait recréer un certificat d'études
primaires pour ne laisser entrer dans le secondaire que des enfants maîtrisant
parfaitement les fondamentaux. Le plus médiocre des élèves,
pour peu qu'il veuille bien s'y reprendre à deux fois, a 96 % de
chances de décrocher son baccalauréat, qui dès lors
a perdu tout son intérêt car il n'est plus un véritable
examen sélectif. Il permet aux moins motivés de passer quelques
années dans l'enseignement supérieur avant de s'en faire
éliminer sans pitié pour pouvoir aller pointer à l'ANPE.
L'école est largement responsable du chômage, qui en France
s'explique en partie par le manque de formation adéquate de la population
active.
L'école d'autrefois a su transformer des centaines de milliers
de petits Polonais, Italiens ou Espagnols en Français à part
entière. Aujourd'hui, elle s'en montre incapable avec les petits
Maghrébins et les petits Africains. Les étrangers ne trouvent
plus à s'assimiler dans la culture française. En 1978, le
Ministère de l'Education Nationale instaura dans les écoles
primaires des Classes de Langues et de Civilisation des Pays d'Origine.
On demanda aux pays d'origine d'envoyer des professeurs. Les pays arabes,
et notamment le Maroc, en profitèrent pour se débarrasser
de leurs enseignants islamistes, qui se mirent à enseigner
l'arabe à nos petits immigrés en leur expliquant le Coran.
Alors qu'il était indispensable de créer des classes de langue
et de civilisation française, car 50 % de leurs parents ne parlent
pas le français, on leur proposa d'aggraver encore leur différence,
leur exclusion. Dans les cités, la plupart des parents ne remplissent
plus leur charge éducative : ce serait à l'école d'y
suppléer. Mais elle se refuse désormais à inculquer
tout principe moral ou toutes références culturelles. Pourtant,
pourrait-on imaginer des jeunes familiarisés avec la culture cassant
tout, volant des autoradios et se shootant au hasch ?