Islam et islamisme
La doctrine essentielle de l'Islam peut se résumer par l'expression : Dieu (seul) est grand (Allah Akbar). Elle est contenue dans la Shahada (témoignage de la foi) : La ilaha ill'allah wa Muhammad rasul allah (il n'y a de Dieu que Dieu et Mahomet est son envoyé). Ce Dieu unique, créateur de toutes choses, se révèle aux hommes par des prophètes (les prophètes bibliques, Jésus et Mahomet). En 610, l'ange Gabriel apporte à Mahomet le Coran, livre contenant la parole d'Allah.
Pour le musulman, l'humanité est divisée en deux groupes
: les Musulmans et les non-Musulmans. Les premiers composent la communauté
islamique, l'Oumma islamiyya, détenant les territoires du Dar al-Islam
(demeure de l'Islam), régis par la Sharià (loi islamique).
Dans le Dar al-Islam, les non-Musulmans monothéistes ou adeptes
d'une religion abrahamique sont contraints de payer un impôt pour
être protégés en vertu d'un Pacte de soumission à
la Sharià, sans possibilité de convertir. Dans le Dar al-Islam,
il est interdit aux non-Musulmans d'occuper des fonctions politico-administratives
leur donnant un pouvoir sur le Croyant, même si l'Infidèle
est un indigène (Maronites du Liban, Coptes d'Egypte, Hindous du
Cachemire, Chrétiens des Philippines).
Les non-Musulmans, quant à eux, sont des harbiyyûn, habitants
du Dar al-Harb, pays de la guerre, ainsi dénommés parce qu'ils
sont destinés à passer sous la juridiction islamique, soit
par la guerre (harb), soit par la conversion de leurs habitants. Toute
terre conquise par un musulman devient pour toujours terre d'Islam. C'est
pourquoi il est dangereux de laisser écoles et hôpitaux sous
monopole musulman.
Le musulman, quand il n'est pas en position de force, est subit le gouvernement infidèle. Mais la création de l'Etat pakistanais nous prouve qu'une minorité musulmane, dès lors qu'elle est unie et que les autorités non-musulmanes lui accordent une large indépendance culturelle, juridique et religieuse, est portée à faire sécession. D'où le risque pour les Etats non-musulmans de laisser s'instaurer des zones de non-droit, où la Sharià pourrait s'appliquer. Comme système, l'Islam ne peut pas véritablement s'intégrer sans se renier, puisqu'un musulman qui se satisfait de vivre dans un régime et sous des lois non-islamiques n'est pas fidèle au Coran.
L'Islam, et donc a fortiori l'islamisme, est un système total unissant les domaines spirituel et temporel. L'Islam est religion d'Etat, livre saint et glaive, culte et commandement, patrie et citoyenneté, théocratie totalitaire. Loin d'être hérétiques, les islamistes puisent en grande partie leur doctrine dans l'orthodoxie musulmane la plus proche du Prophète. Force est de constater que le courant modéré et laïque de l'Islam, assimilé par les islamistes à une subversion occidentale, ne rencontre pratiquement aucun écho au sein des masses musulmanes et que la mouvance islamiste apparaît de plus en plus comme la seule option véritablement populaire et fidèle à l'enseignement du Prophète. Il est inexact d'affirmer qu'il existe un Islam modéré et un Islam fondamentaliste car l'Islam est un tout. L'islamisme est la forme militante de l'Islam. La violence est légitimée par le Coran, donc par Dieu. Mahomet a fait de ses victoires militaires un signe de l'authenticité de sa prédication.
Il existe une incompatibilité très importante entre l'Islam et notre tradition. Peut-on en France accepter la polygamie, l'interdiction du mariage d'une musulmane avec un non-musulman, la discrimination de la femme en matière d'héritage, de justice, etc ?
Les musulmans adorent comme les chrétiens le Dieu créateur. Mais l'Islam refuse le monothéisme trinitaire chrétien, considéré comme un polythéisme, et affirme l'existence d'un Dieu Un, un Dieu inaccessible, inconnaissable, voire vengeur, aimant ce qu'Il veut, haïssant ce qu'Il veut, selon ce qu'en dit le Coran. Le musulman n'est pas un fils du Père mais un esclave de Dieu. A l'Islamisme il faut opposer l'amour surnaturel, la vertu et le droit.